Jour 1 : d’Atherton à Kumbera, 700km
Aujourd’hui c’est le grand jour, c’est parti pour plus de 2000 km à travers l’arrière-pays australien.
On se lève de bonne heure, on avale un paquet de Belvita et on enclenche la première.

Attention, Mr aura du mal à être aussi jouasse durant tout le trajet
Prévoyants, voire un peu flippés, on achète à Atherton un jerrican d’essence : normalement il y a tout juste assez de stations-essence sur notre itinéraire, mais il suffirait qu’une seule soit à sec pour ruiner tous nos plans.
On rejoint assez vite la Savannah Way, une superbe route toute droite qui traverse l’Australie d’ouest en est.

« Donc c’est par là qu’il n’y a rien, c’est ça ? » -« Tout à fait »
On était venus chercher sur cette route la solitude, le goût du désert et des grands espaces, et bien on est assez vite servis, il n’y a rien, rien de rien, rien du tout. Quand on croise quelqu’un, la plupart du temps des retraités en camping-car, c’est tout un événement, et on reprend les bonnes habitudes calédoniennes en se faisant un grand coucou.

Le kangourou, l’ennemi juré du Hippie Camper

Un type a tracé 300 km, a sculpté ce truc et a retracé 300 km

Un bout de route tout droit certes, mais pas tout plat ! O joie
Le paysage autour de nous évolue au fil des heures et devient de plus en plus aride à mesure que la température monte, se colorant tantôt de jaune, tantôt de gris. Une sympathique odeur de charogne commence à nous chatouiller les narines, et les rapaces planent au-dessus de nos têtes comme un avertissement à tracer notre route.

« Tu fermes pas le van à clé » -« Non mais y’a personne à 200 km »

Ici coule un mince filet de flotte tous les siècles, ça valait bien un pont
700km de rien, c’est long, mais pas si monotone. Alex apprend à slalomer entre les innombrables cadavres de kangourous étendus sur la route, et moi à scruter les bas côtés pour repérer une eventuelle traversée sauvage d’animaux.

Les sales bêtes se cachent et attendent tes roues pour surgir
Et ça ne loupe pas bien sûr, un wallaby un peu trop téméraire meurt sous nos roues, le freinage maîtrisé d’Alex nous épargne le pire. Cet incident met un coup de pression supplémentaire et c’est au top de la concentration qu’on continue le trajet.
Dans l’après-midi on traverse la petite ville de Croydon où on fait le plein d’essence, et de glace pour notre frigo un peu faiblard. Une ville fantôme digne des meilleurs westerns où on ne s’attarde pas trop longtemps.

Et toi qui pensais que Maubeuge c’était tout pourri

C’est toujours bon de rappeler que le boucher s’est tiré il y a 33 ans

Tu la sens la folle soirée du samedi soir ?

Quand y’a personne, y’a juste personne pour juger de tes compétences d’intendance
Puis c’est une nouvelle traversée du désert…

« Hé ! Y’a des nuages ! » -« Trop cool, pour une fois que y’a un truc à voir ! »

Vu que le facteur passe une fois par an, vaut mieux se doter d’une bonne grosse boîte à lettres

On a pris l’arbre en photo vu que c’était le seul sur cette bande de 150 km

Il a dû se passer des trucs ici, il y a 125 ans

« Je n’ai marre de conduire, j’finis à pied »

Des animaux, des hommes ou des aborigènes sont certainement passés par ici au siècle dernier

Un beau coin de verdure qui invite à la détente

Une belle route néérlandaise, toute droite, toute plate, toute chiante

Là, c’est nous et rien
Avant d’arriver dans la petite ville de Karumba, où nous attendent un coucher de soleil sur la mer, une bière bien fraîche et un fish & chips !

Pas le genre d’endroit auquel t’es en droit de t’attendre après 700 km de rien

Mais bon après t’être bien fait chier sur la route, tu poses pas trop de questions

Des fois, j’me demande si tout ça n’était pas une hallucination qu’on a partagée ensemble

Claire et 2 kg de fish & chips. Claire et la peur du manque

« Hey Jane, what the fuck are we doing here ?! » -« To be honest Henry, I fuckin’ don’t know »
2 commentaires
mamou · 27 octobre 2016 à 12 h 12 min
La bière et le fish and chips ça se mérite!!! on se croirait en Californie, euh dans les films américains vu que je n’y suis jamais allée.. Tranquille..
Aurélie · 28 octobre 2016 à 15 h 14 min
Ah, l’outback, tout un poème ! Mais le pire, c’est que nous on en redemande… 😉