Le Grand Break

Shangri-la, notre rêve tibétain4

Shangri-la… ce nom mystique évoquait pour nous une terre lointaine de voyage et d’ailleurs, un rêve inaccessible de voyageur.
Alors quand on a su qu’on pouvait rejoindre cette ville directement depuis les Gorges du Saut du Tigre, on n’a pas hésité !

Pour la petite histoire, Shangri-la est à l’origine un monastère bouddhiste imaginaire décrit par James Hilton dans son roman Lost Horizon, publié en 1933 et adapté au cinéma en 1937 par Frank Capra. C’est l’histoire de rescapés d’un accident d’avion qui parviennent à atteindre un monastère utopique aux confins du Tibet. un lieu fermé dans lequel l’on voit de merveilleux paysages et où le temps est suspendu dans une atmosphère de paix et tranquillité.

En 2001, pour attirer les touristes, les Chinois rebaptisèrent de ce nom la ville de Zhongdian, lui conférant ainsi une aura mystique.

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Sous le charme spirituel de Shangri-la

On avait lu que Shangri-la n’avait pas grand intérêt à part son monastère, et on n’arrivait donc pas non plus avec de grandes attentes. Il faut dire qu’une grande partie de la vieille ville a brûlé en 2014 suite à un incendie.
Eh bien nous on a été plutôt sous le charme de cette ville, certes en complet chantier mais baignée d’une atmosphère tranquille et spirituelle.

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De la couleur dans la rue

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De la couleur sur les chiens

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Et même sur les yaks

Au centre de la vieille ville, le moulin à prieres geant de Da Gui Shang. Était-ce la lumière éclatante de ce matin, les cerisiers en fleurs ou le mal d’altitude, on s’est senti empreints de toute la spiritualité de la ville et la ferveur de ses habitants.

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Perso, j’étais empreint de rien du tout mais bon, j’ai rien dit, comme d’hab

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J’avais assez faim faut dire

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Et puis bon, j’avais déjà vu plein d’images comme ça sur youtube

Des fidèles se relaient sans cesse pour faire tourner le moulin à prières, un beau rituel de rassemblement et de piété collective.

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Pratique, tu peux penser à ta liste de course en allant à la messe

 

Balade autour du lac Napa

On souhaite profiter du beau temps et de l’unique jour dont notre ami Antoine dispose à Shangri-la pour visiter les alentours à mobylette. Croyez-moi, ce ne fut pas une mince affaire, barrière de la langue, problèmes matériels ou logique compliquée des Chinois, on a mis 1h30 à trouver deux mobylettes en à peu près bon état. Et ce grâce à l’aide de notre aubergiste qui a parcouru toute la ville avec nous et semblait bien être la seule à nous comprendre !

C’est donc emmitouflés dans notre garde-robe intégrale et fiers comme des coqs qu’on enfourche nos bolides !

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J’essaie toujours de trouver les casques les plus fashion possible

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Antoine n’a pas ce sens de l’esthétique mais bon, il est encore jeune le petit

On commence par une balade autour du lac Napa, qui est en fait à cette période de l’année une sorte de grande steppe où paissent yaks, dzos (croisement de yak et de vache), moutons et chevaux :

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On voulait vous montrer les yaks mais on a préféré vous laisser devant une flaque de boue

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Un yak de dos. Si tu veux le voir de face, va falloir te traîner jusqu’ici. Va pas croire qu’on va te mâcher tout le boulot

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Une autre flaque

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Une vache un peu coquette. Elle a certainement un mariage cet aprém

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Un cheval assez similaire à ceux qu’on trouve chez nous

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Ici, t’accroches tes prières au vent. Comme ça, ça travaille pendant que tu mates la téloche

On se sent vraiment ailleurs, loin de la Chine, déjà bien loin des rizières de Yuanyang ou des villes anciennes qu’on visitait quelques jours auparavant à peine.
La lumière changeante du ciel bleu tacheté de nuages métamorphose le paysage d’un instant à l’autre, et on s’arrête sans cesse pour admirer la vue et s’imprégner de la magie des lieux.

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Une autre flaque de boue un peu plus magique que les autres

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Y’a quand même un peu trop de nuages à mon goût

Bientôt on arrive aux abords de la partie encore inondée du lac, changement de décor :

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Ici, la flaque est un peu plus grande

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On continue la route car on a repéré un chemin qui devrait nous permettre d’accéder au monastère en évitant de repasser par la ville, et éventuellement de payer les frais d’entrée. On s’enfonce dans des villages perdus, on avance comme on peut sur des routes bien defoncées, et bientôt on aperçoit au loin les toits du monastère. Magique !

Et là, au milieu de nulle part, un garde sort de sa camionnette pour nous barrer l’accès à la route. Le pauvre, condamné à passer ses journées ici tout seul pour bloquer les 2 ou 3 clampins qui tentent le coup comme nous chaque jour.
Bon du coup pas le choix, demi-tour ! On est un peu déçus de devoir s’astreindre à passer par la route officielle, remplie de camions, car ce chemin-là avait bien plus de charme.

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Antoine l’a quand même cogné un peu histoire de garder la face

On suit donc comme des bons petits soldats le système mis en place : on va se garer sur le parking du monastère, on passe par la billetterie, on prend notre mini-bus et enfin on est libres de commencer la visite.

 

Pélerinage au Monastère Songzanlin

Construit en 1679, ce monastère est une vraie ville à part entière !
On y visite une multitude de temples, de dédales de couloirs et de salles vides emplis de silence et de sacralité.

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Ici la biche est apparemment hyper sacrée

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Salle d’arcade, terrain de squash, sauna et Internet haut débit. Tout confort ce monastère

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Un peu d’art naïf tibétain

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Ça a dû coûter une blinde chez Leroy Merlin tout ça

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On n’avait pas le droit de faire des photos à l’intérieur. Mais bon, je me suis ravisé lorsque j’ai vu les moines rouler en 4×4 crossover

On monte sur les toits pour profiter de la vue plongeante sur les environs, seuls :

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Les temples massifs et leurs décors exubérants, les ornements dorés, les guirlandes colorées de fanions, le ciel bleu éclatant et le calme environnant rendent l’atmosphère à la fois joyeuse et sereine.
S’il n’y avait pas quelques moines en gros 4×4 pour gâcher la quiétude des lieux 😉

 

Après avoir arpenté les temples de long en large, monté et descendu des centaines de marches, pris des photos de tous les recoins par-dessus et par-dessous, c’est quelque peu exténués qu’on sort du monastère.
Mais me souvenant des belles photos de Brice, pas question qu’on s’arrête là, je tenais à aller voir le moulin à prières !
On est allés au bout des forces qui nous restaient apres deux jours de rando, une journée de scooter et +2000m d’altitude, mais le spectacle compensait bien l’effort :

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Au milieu, un gros balai à l’envers

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Et c’est bien là qu’on a la plus belle vue sur le monastère…

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Initiation à la cuisine tibétaine

Après notre journée au lac Napa et au monastère, on avait envie d’un repas bien roboratif. Une occasion parfaite pour goûter pour la première fois la cuisine tibétaine !
C’est au Three Brothers qu’on a confié nos estomacs affamés, qui n’ont pas été déçus du voyage. On se laisse guider par les conseils de la femme du chef, et on se commande un petit festin pour 3 : fondue à la viande de yak, yak braisé aux pierres chaudes, momos (des gros raviolis tibétains à la vapeur) et pain tibétain, plus des petits légumes pickles offerts par le patron, le tout généreusement couvert de thé.

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Ça a toujours l’air meilleur que ce que ça vaut réellement

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Les buns et les raviolis, faut toujours se méfier de ce qu’il y a dedans

La viande de la fondue est un peu dure à notre goût, mais tout le reste est délicieux, gras et réconfortant comme il faut.

En plus, de nos fenêtres on assiste aux rituelles danses du soir des habitants de Shangri-la :

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🎶…tu m’oublieras…🎶…you will forget…🎶

La même coutume que dans toutes les villes chinoises, mais sur cette mignonne place tout en bois, avec les musiques tibétaines, les petits fanions, le froid glaçant du soir et surtout la joie visible des danseurs, ce rendez-vous a une chaleur toute particulière.

 

Festin extatique au Flying Tigers Café

Bon, les danses, le lac, les temples tout ça c’est très bien mais ce qui a fait toute notre expérience à Shangri-la c’est son restaurant français !
On y avait mangé le soir de notre arrivée avec Antoine et un couple de Suisses rencontré dans les Gorges, on y est retournés en amoureux le dernier jour. On y retournerait bien tous les jours depuis !
Inauguré en juin 2015, le Flying Tigers est tenu par trois Français épris du Yunnan et de bonne bouffe.

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Ah laissez-moi y retourner !!!

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Ah c’est malin, j’ai faim maintenant

Le cadre, façon chalet alpin-tibétain, est tout en élégance et convivialité. La plupart des bâtiments, notamment les hôtels, ne sont pas chauffés à Shangri-la… C’est donc avec un plaisir sans retenue qu’on s’est glissés dans ses canapés douillets au coin du poêle à bois. Un verre de vin blanc ou de bière tibétaine à la main, ahhhh ! Le pied absolu.

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Tu l’auras compris, la bière, c’est pour moi

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Le cuistot réussit la prouesse de cuisiner des plats français avec des produits locaux ! Comme ce succulent gratin de pommes de terre au fromage de yak gratiné dont j’ai encore la saveur en bouche… Fromage qui garnit aussi le double burger qui fait le succès de la maison, et commandé deux fois par Alex.
En roue libre ce soir-là, on s’est même offert la mousse au chocolat… C’était tellement bon qu’une idée fixe s’est inscrite en nous, trouver du chocolat et une cuisine pour se faire des litres de mousse (et on a réussi ! affaire à suivre…).

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Maman ! Jveux rentrer à la maison !

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Ah mon dieu. Redonnez-en !

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Presqu’aussi bonne que celle de ma mère, c’est dire

La maison propose même depuis peu des soirées raclette, on a pu profiter des effluves de la table d’à côté et c’était tres appétissant… malheureusement hors budget pour notre train de vie tourdumondiste. Mais vous savez maintenant où manger une bonne raclette 😉

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J’ai une petite larme à l’oeil. Sniiiff

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Cela dit on s’est déjà bien fait plaisir sur le budget (25€ pour un verre de vin blanc et une bière, nos deux plats et le dessert) mais vu la qualité des produits, la gentillesse de l’accueil, tout l’amour mis dans ce resto et le souvenir impérissable qu’il nous laisse, ça valait largement le prix !
On leur souhaite bonne continuation !

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Vous deux, je vous aime !

 

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On serait bien restés encore quelques jours profiter de la sérénité et des délices de Shangri-la… Malheureusement le temps est revenu à la pluie et notre garde-robe minimaliste n’a pas fait le poids face à la rigueur du climat !
Nous revoici donc partis sur les routes, on décide d’aller chercher un peu de douceur à Kunming, « la ville du printemps éternel »…

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4 replies to Shangri-la, notre rêve tibétain

  1. mamou

    La spiritualité est quelque peu en berne l’estomac vide pour certain … Mais de belles photos, et je ne connaissais pas le moulin à prière, z’auriez du y penser pour le loto d’hier!!!. Vous voila à nouveau repus et heureux, le bonheur en somme…Je vous laisse faire dodo au coin du feu

    • Claire

      Alex joue les insensibles mais il est parfois plus transporté que moi… je pense que ses commentaires blasés ne trompent personne !
      Ah oui, des pommes de terre, du fromage et un bon verre de vin, c’est le bonheur à l’état brut. Bisous !

  2. Maman

    Dans l’émission Koh-Lanta la récompense la plus convoitée par les participants est la mousse au chocolat.
    J’en conclus que vous êtes de véritables aventuriers.
    En plus, si elle est presque aussi bonne que celle de Mamou, c’est le rêve.
    Je suis surprise aussi par le moulin à prières. Quelle drôle de rituel !!!
    Un peu plus fatiguant que d’aller à la messe quand même.
    Ça doit tourner aussi la nuit ?

  3. Un bon resto français de temps en temps, il n’y a que ça de vrai ! Bises

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