Le Grand Break

Road-trip à Hokkaido9

Un de nos objectifs au Japon était de voir un maximum des facettes de ce pays. Après le Japon citadin et le Japon traditionnel, il nous semblait intéressant d’explorer l’île plus sauvage d’Hokkaido.

Notre JR Pass étant limité à une semaine, nous n’avions que peu de temps pour parcourir les routes d’Hokkaido : deux jours de trajet en train, et cinq jours sur place.
Trop peu de temps pour nous rendre jusque l’île de Rishiri au nord ou le Parc national de Shiretoko à l’est, considérés comme les deux bijoux de l’île. Nous avons donc privilégié le centre d’Hokkaido, qui nous a quand même offert une expérience mémorable !

 

Lundi : Takayama-Hakodate

10h de train, on s’est deshabitués des longs trajets et on trouve le temps long !
On s’installe dans notre hôtel d’Hakodate avant d’aller manger au bout au snack du coin, Lucky Pierrot, un resto tout déglingué proposant un rapport calories-prix imbattable.

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La spécialité du chef : un mug de mayo-fromage dans lequel baignent des frites

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Une fois que t’es passé au Lucky Pierrot, plus jamais tu te pèses

 

Mardi : Hakodate – Otaru – Furano

On récupère notre voiture de location non sans une inspection méthodique du véhicule par le propriétaire. On est tous les 3 à quatre pattes, à tenter de repérer les micro-rayures invisibles à l’oeil nu indiquées dans le document, lui-même ça le fait marrer 🙂 Il règle notre destination sur le GPS et c’est parti !

Ce premier jour sur la route met à l’épreuve notre enthousiasme. Il fait gris, il pleut, les paysages sont moches et surtout on roule bien moins vite qu’on l’aurait cru, l’autoroute étant limitée à 70.

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Qu’est-ce qu’on va s’amuser dis donc !

En plus on se rend compte que prendre l’autoroute était une grave erreur, on paie une fortune à la sortie alors qu’on serait allés quasiment aussi vite sur la nationale !

L’étape que j’avais prévue dans la petite ville d’Otaru se révèle très décevante. Imaginez, LE truc que tout le monde vient prendre en photo c’est ça :

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Si t’as envie de faire fortune au Japon, construis toi aussi un mur en brique

Je m’en veux d’avoir fait un détour pour ça et en plus il nous reste beaucoup de route…
Heureusement, maintenant qu’on a quitté l’autoroute le panorama est bien plus agréable et les paysages embellissent à mesure qu’on roule. Au détour d’un virage on croise un renard, pas de doute, on est à Hokkaido !

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Des rizières, au Japon, ils ont l’air d’avoir plus de place ici

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À ce moment-là, tu te dis que rester 2 semaines à Tokyo aurait eu plus de sens

On arrive à la nuit tombée à Furano où on va passer la nuit. Notre hébergement est rustique et les propriétaires adorables, ça sent le bois et la vieille moquette, la couverture gratte et la douche est dehors, on se sent comme chez Papy, on adore !

 

Mercredi : Furano – Biei – Asahikawa

On découvre de jour notre cabane Davy Crocket et on est toujours aussi fans 🙂

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Le pire, c’est que y’a plus de toilettes high tech !

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Traduit, ça dit : « ici, on s’en bat les balls de la loi et de l’ordre »

La région de Furano regorge d’attractions touristiques plus ou moins incontournables et on va s’amuser toute la journée comme des petits fous :

– Visite de la fromagerie de Furano
Où on fait du super Caprice des dieux

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On peut avoir l’air ridicule tout en restant photogénique

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Du fromage français, partout même dans l’océan

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À la dégustation, un seul cube suffit

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Maroilles au charbon, une spécialité des Hauts de france

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Comme en cuisine, l’essentiel, c’est le dressage

– Visite d’une Cave à vin
Où on fait de la bonne Villageoise

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Si t’as le choix, préfère un Vieux Papes

– Les jardins Tomita
Où on peut prendre des photos super romantiques !

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Ça ressemble à une pierre tombale leur panneau. C’est glauque

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Ce que j’ai préféré là-bas, c’est leur glace au melon

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Des fleurs, japonaises ou pas, ça reste des fleurs

On fait ensuite un long circuit dans la campagne de Furano où les paysages sont de plus en plus beaux.

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Le type a pas complètement réussi le camouflage de sa baraque

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Madame fait des photos, je reste au volant des fois qu’un renard surgit

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On va ptét pas monter plus haut

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Mais en fait, ils ont plein de place les japs !

Soudain, je crie et Alex pile : un renard s’est à moitié jeté sous nos roues ! Je sors pour vérifier qu’il va bien, il s’approche… là je rerentre vite fait dans la voiture parce que bon il a beau être mignon c’est une bête sauvage quand même ! Curieusement il reste devant nous, comme s’il voulait quelque chose, je m’attends presque à le voir parler. On passe un long moment à le regarder, jusqu’à ce qu’il s’éloigne. Un moment vraiment très spécial qui nous laisse penser que les Japonais ont vraiment un lien particulier avec la nature…

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En le fixant longuement, je l’ai entendu parler. Il m’a dit : « Casse-toi pauv’con »

Après ces émotions on roule encore un moment pour aller voir le Blue Pond. La couleur turquoise de ses eaux n’est pas due à une mauvaise manip Photoshop, mais à la forte teneur en hydroxyde d’aluminium. Vraiment très très joli !

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« Hydroxyde d’aluminium. Non mais tu sais que y’a pas la moitié de notre audience qui a eu le bac ?! »

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« Et pis tout le monde s’en fout du pourquoi et du comment. Ils veulent des belles photos et des commentaires bien saignants »

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Maintenant, Claire ne s’asseoit plus qu’à la vietnamienne

On rejoint dans la soirée notre nouveau logement à Asahikawa, où on est accueillis par une sorte d’otaku quarantenaire. La déco de son antre, à base de Dragon Ball et figurines de manga, est à la fois rigolote et flippante. En tout cas on a la confirmation que si les Japonais sont aussi organisés, c’est juste une question d’espace : en vrai ils sont tout aussi bordéliques que nous !

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Ah la chambre de vieux garçon ! Mon rêve

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Tu t’attends à voir Joueur du Grenier débarquer à l’improviste

Le soir, on teste un Ramen conseillé par notre hôte. Moins exaltant que ceux d’Osaka mais réconfortant tout de même !

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Note à tous les restos japs en France : arrêtez de faire de la m@$de

 

Jeudi : autour d’Asahikawa

Notre première intention est d’aller randonner au sommet du mont Asahi… Mais la grisaille et le tarif dissuasif du téléphérique nous font rebrousser chemin.

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Et pis le téléphérique, c’est tellement surfait

On se promène à Asahikawa… une ville sans grand intérêt.

Le soir, on mange nos premiers sushis sur tapis roulant : une expérience bien japonaise que je vous détaillerai très bientôt !

 

Vendredi : Asahikawa – Noboribetsu – Lac Toya

On quitte Asahikawa pour redescendre vers le sud, l’objectif de la journée est de se rendre au lac Toya. La route est assez longue et monotone sous la pluie, c’est pourquoi une pause Udon – Mario Kart dans un centre commercial à mi-chemin est bienvenue.

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Quand Claire est contente, on s’en rend vite compte

En milieu d’après-midi, on arrive à Noboribetsu, une ville réputée pour ses sources d’eau chaude.
Une balade relie différents sites volcaniques, par bonheur le ciel se dégage pendant qu’on la parcourt. On passe d’abord par une vallée lunaire baignée d’une lumière dorée et d’une odeur de soufre, baptisée un peu théâtralement « la vallée de l’Enfer ».

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« La vallée de l’enfer ». Ça sent le marketing de comptoir

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C’est un peu comme si le sol était fait de gorgonzola

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Et cette petite odeur d’oeuf pourri… C’était ravissant

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Cette odeur de soufre nous a rappelé le métro parisien

Un sentier nous mène ensuite à Oyunuma, un étang sulfureux à une température de 50°C. Sublime.

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C’est donc ici qu’ils fabriquent les nuages !

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En contrebas de ce lac coule une rivière dans laquelle il est possible de prendre un bain de pieds chaud, au beau milieu de la forêt. Magique !

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« Mais mets tes 2 pieds dans l’eau ! » -« Jpeux pas c’est chaud et ça chatouille ! »

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Volupté, luxe et plaisir

Le soleil commence à se coucher et on reprend la route pour rejoindre Toya. Les forêts qui bordent la route sont pleines de bêtes sauvages qui sortent au crépuscule.

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« Mais qu’est-ce que vous foutez dans notre forêt? ! »

Nous arrivons à 20h30 à notre hôtel au bord du lac Toya. J’ai gardé la surprise pour Alex, mais tous les soirs un feu d’artifice est donné sur le lac. Un spectacle franchement chouette, pour terminer en beauté notre circuit !
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On va ensuite manger un bon burger pas cher du tout dans un bar du quartier tenu par 3 filles très cool, complètement inespéré de trouver ça dans cette station thermale huppée.

 

Samedi : Lac Toya – Hakodate par la côte

Explosion de grand bleu pour notre dernier jour sur la route ! Le ciel se dégage pendant qu’on prend notre petit-déjeuner au bord du lac.
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La route jusqu’Hakodate, qui longe la mer, offre de fantastiques panoramas et une belle sensation de liberté.
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Claire aime bien faire sa belle même s’il faut risquer le torticolis

 

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J’ai vu un type faire ça dans un film américain

Quelques kilomètres avant d’arriver à Hakodate, on décide de passer par les petites routes pour une dernière bouffée de nature. Et je tiens beaucoup à voir des vaches d’Hokkaido.

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« Non mais t’es sérieuse avec tes vaches là ? »

Alors que je suis tout occupée à regarder mes vaches, Alex aperçoit au loin, au milieu de la route, un renard et son petit. Il détale dès qu’on s’approche mais le renardeau reste là, très concentré à dévorer ce qui ressemble au cadavre d’un tanuki. On reste de longues minutes à regarder ce spectacle à la fois écoeurant et attendrissant.

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Moi aussi, jdéteste qu’on me regarde manger

Au loin, la ville d’Hakodate s’étale jusque la mer, c’est la fin de notre road-trip à Hokkaido !
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PS : Bien arrivés en Nouvelle-Calédonie !! À nous les joies du camping ! Du coup peu d’internet, pas le téléphone, souvent pas l’électricité mais déjà de chouettes rencontres, des paysages waouh et… de la baguette et du fromage !! On vous raconte tout ça euh… dès qu’on peut 🙂

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9 replies to Road-trip à Hokkaido

  1. Laure

    Ça semble très joli tout ça et le renardeau c’est juste trop mignon. Je craque!

  2. Auréllien

    C avait l’air pas mal tout ça 🙂 Bon visiter les coins pommés du japon pour y manger du fromage français… ;p Je vous charrie bien sur, je comprends que vous soyez en manque. A votre place, je serai en tremblote sous l’effet du manque.
    Incroyable cet instant avec le renard adulte ! Peut-être vous a t-il fixé car il a compris que vous l’aviez sauvé ? Et qu’il réalisait qu’il existait des humains biens ?

    PS : le renardeau vous l’avez pas attraper avec une pokeball ? oh pardon ….

  3. mamou

    Des coquelicots, y a longtemps que je n’en avais vu autant…
    Moi aussi je veux mon plein de calories au Lucky Pierrot… et sans vouloir être médisante, j’ai mangé les mêmes fromages, découpés tout pareil à la médiathèque de Coquelles.. Je vous ai cassé!!!
    Vous n’avez pas compris le message subliminal du renard… Triste!!
    Magnifique road trip cependant…

  4. Gaëlle

    Très sexy le petit bronzage sur les pieds Claire ^^ Les photos sont vraiment magnifiques en tous cas et les paysages me font parfois penser à l’Australie ! Un incontournable pour notre prochain séjour au Japon 🙂

  5. Soizic

    Génial !! Le Japon, pays de renards et de bains chauds… qui l’eut crû!

    PS: quel contraste entre la beauté des paysages, la profondeur du texte de Claire… et les commentaires d’Alex ! Difficile de garder son sérieux au boulot 😉

  6. Didier

    Ah là là ils y sont… Le JAPON !!!! Quel plaisir de revoir ces paysages…

    Bisous à vous 2.

    Didou.

  7. Loulou

    Les renards <3 on dirait comme des petites chatchiens, mais avec la gale en plus <3 trop mims

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