Le Grand Break

Nouvelle-Calédonie : notre arrivée à Nouméa9

Le retard s’accumule sur ce petit blog… Alors pour vous raconter notre passage en Nouvelle-Calédonie je vais essayer de la faire courte, mais pas trop quand même, vu que j’aime raconter ma vie et que je vous ai habitués aux récits-fleuves.

On arrive donc le 31 août à Tontouta, après un vol de nuit depuis Bali, via Sydney. Pendant le trajet en bus qui relie l’aéroport au centre de Nouméa, j’ai tout le loisir de contempler le paysage : après les villes surpeuplées de Bali c’est un bonheur de voir les routes désertes, le grand ciel bleu pur et les montagnes verdoyantes. Et puis les panneaux de signalisation ont un petit goût d’hexagone et c’est bien agréable de se sentir en France, si loin.

C’est dimanche et Nouméa est très tranquille, voire complètement morte. Alex m’avait prévenu, lui qui était déjà venu il y a 10 ans : ce n’est pas la ville la plus sympa où passer ses vacances… Les commerces fermés, les jeunes kanaks désoeuvrés en treillis – sweat à capuche errant dans la ville, les rues quasi vides donnent une légère impression de malaise. Mais tout va bien, on n’y a prévu qu’un arrêt logistique.

On pose nos bagages à l’auberge de jeunesse de Nouméa. 36€ la chambre avec salle de bains commune, lits à faire soi-même, wifi payant et ambiance camp de vacances PTT, c’est sûrement le pire rapport qualité-sympathie-prix de notre voyage mais bon pas trop le choix.

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Chaise plastique tout confort et étagère minimaliste. La session camping commence

Le lendemain, on récupère notre super Twingo publicitaire direction Carouf et Decathlon ! Pour investir dans la panoplie du parfait campeur.

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Hop, tente 2 secondes 3 places troquée plus tard contre un Mc Do

Le retour au franc ne fait pas du bien au porte-monnaie. On se rend très vite compte que le coût de la vie calédonienne n’est pas un mythe, ici tout est plus cher qu’en France d’au moins 30%, et parfois jusqu’au double. C’est aussi le choc au rayon frais quand je vois que les légumes locaux se limitent à la patate, l’igname et le taro. Pour le reste, presque tout est importé, et donc très cher. Côté fruits, c’est encore pire : des bananes, des pommes néo-zélandaises et des citrons, moi qui rêvais de fruits exotiques !
Heureusement, il y a le fromage français pour nous réconforter 🙂

 

Le point culture : politique et société en Nouvelle-Calédonie

Avant de démarrer le récit de notre périple, on vous fait un petit topo très vite fait de la situation en Nouvelle-Calédonie. Car nous on n’en savait pas grand-chose avant d’y aller !

La Nouvelle-Calédonie fut colonisée par la France à la fin du XIXe siècle, malgré de nombreuses révoltes du peuple local, les kanaks, écrasées dans le sang. La France souhaite y renforcer sa présence dans le Pacifique et l’archipel sert au début surtout de lieu de déportation des anciens communards et révoltés d’Afrique du nord. Puis l’extraction du nickel permet son développement économique.

Dans les années 80, les affrontements entre partisans et opposants de l’indépendance s’intensifient pendant la période dite des « événements ». Les négociations aboutissent à la signature des accords de Matignon en 1988, qui accorde à la Nouvelle-Calédonie le statut particulier de « Pays d’outre-mer » et prévoit un référendum sur l’indépendance dix ans plus tard.

L’échéance a finalement été repoussée, et c’est en 2018 que les Calédoniens devront se prononcer sur la question de l’indépendance (question sur laquelle, pour y avoir réfléchi pendant un mois et écouté de nombreux débats politiques, on n’a aucun avis intelligent à vous donner).

Aujourd’hui, la Nouvelle-Calédonie compte un peu moins de 300 000 habitants, une population faible dont 40% vit à Nouméa. On compte 3 groupes principaux de population : les kanaks, qui représentent environ 40% de la population, les « caldoches » descendants des premiers colons, les « métros » ou « zoreilles » issus d’une immigration plus récente. Bien sûr le métissage rend ce découpage plus complexe, et il faut aussi y ajouter les immigrés issus d’Océanie et d’Asie.

On a eu du mal à se faire une idée par nous-mêmes, mais il semble que ces différentes communautés se mélangent assez peu, surtout à Nouméa. Et l’identité calédonienne est encore en train de se mettre en place, ce qui rend le débat sur l’indépendance encore plus compliqué.

En tout cas en tant que touristes issus de la Métropole on a été accueillis comme des rois, et jamais sentis jugés sur la couleur de notre peau. On vous raconte ça très vite !

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9 replies to Nouvelle-Calédonie : notre arrivée à Nouméa

  1. Laure

    Moi j’aime les récits fleuves.

  2. Aurélien

    Oui vivement un récit fleuve ! Avec pleiiiiins de photos, des commentaires tordants d’Alex… et bien sur des recettes ! 😀

    • Claire

      Bon pour les recettes ça va pas être trop ça sauf si tu es porté sur la cuisine de camping 🙂
      Par contre pour les photos, les longs récits et les mots d’esprit d’Alex, tu devrais être servi !!

  3. mamou

    Merci pour la leçon d’histoire Claire, idem pour les récits fleuves et les comms de Tintin Alexandre (rapport à ses cheveux…)

  4. On a la même tente que vous 🙂
    Et ça y est, tu m’as rattrapée, j’ai plus de retard que toi sur le blog… C’était dur de le faire en temps réel en voyage, mais alors une fois rentrés c’est juste impossible de rattraper comme je pensais. Bises !

    • Claire

      Plus de retard que moi ça c’est fort ! On est en train de le rattraper mais c’est du boulot !
      Moi aussi j’ai espoir de finir les articles qu’on aura pas eu le temps de faire une fois rentrés, mais en fait, c’est vrai que la vraie vie c’est prenant 🙂

  5. Soizic

    Merci pour ce petit résumé de la situation en Nouvelle-Calédonie ! Moi non plus je n’en savais pas grand-chose… sauf que c’était compliqué. Maintenant c’est plus clair 🙂 Mais dans l’ensemble les gens sont pour ou contre l’indépendance ?

    • Claire

      Ça c’est LA question à éviter si tu ne veux pas pourrir l’ambiance en soirée !!
      En caricaturant on peut dire que les kanaks sont pour l’indépendance (mais pas tous loin de là), les autres pour le maintien dans la France.
      En fait presque tout le monde est indécis car que ce soit le oui le non qui l’emporte, ça n’indique rien de ce que sera l’après : maintien dans la France mais sous quel statut ? quel régime s’il y a indépendance ? D’où des débats perpétuels et probablement d’autres référendums à venir…

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