Le Grand Break

Dans les Gorges du Saut du Tigre. Notre récit héroïque !8

Avec son nom diablement épique et les récits plus ou moins rassurants qu’on en avait lu, la randonnée des Gorges du Saut du Tigre ne nous mettait pas en pleine confiance.
Vous savez comme on est tous les deux des sportifs dans l’âme et après 3 mois de voyage, on peut dire que notre condition physique fait toujours autant pitié 🙂
Mais bon, on est pas contre un challenge et un peu d’automaltraitance de temps en temps alors on s’est lancés !

 

Jour 1 : en avant Guingamp

Motivés comme jamais on prend un bus à 7h30 qui nous emmène, nous et d’autres randonneurs prêts à en découdre, directement au point de départ du circuit. A 10h20, top départ !!

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On va bien morfler

On craignait le mauvais temps pour cette rando car on avait vu des voyageurs en revenir trempés jusqu’aux os… Et on ne se sentait pas trop équipés pour affronter le froid des 2500m d’altitude. Mais coup de chance ce jour-là le soleil est avec nous ! En plus de nous réchauffer il éclaire magnifiquement le panorama qui nous entoure.

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En plus il fait chaud

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Elle me tente moyen ta rando

On se place direct en bons derniers, oui j’ai décidé de doser mes efforts.

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C’est vrai qu’on est bien derrière, on n’est pas obligé de faire semblant de prendre du plaisir

Nous ne tardons pas à lier connaissance avec Antoine, un jeune Frenchy venu visiter son frère à Shanghai. Il va nous accompagner pour toute la suite de l’aventure, tout comme les pics enneigés qu’on découvre au loin :

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En fait, Antoine voulait juste aussi se mettre en dernier mais on s’est pas laissé faire

Pas de ménagement, le sentier grimpe direct et nous coupe les jambes.

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À sale effort, sale gueule

 

Heureusement tout au long du chemin il y a des petites guitounes pour nous ravitailler en eau, en snickers et en cannabis.

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Y’a pas que le corps qui doit se sentir monter

Et aussi des mules postées aux endroits stratégiques, à l’affût des randonneurs qui craqueraient.

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Claire a pas voulu que jfinisse à dos d’âne

 

On marche, on papote, et vers midi on arrive à un premier village :

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On marche, on papote, on souffre, on croit qu’on va mourir sur le chemin, on pense que chaque pas est le dernier, et on arrive à un premier village

 

12h : la pause bol de riz

On fait une pause dans la superbe Naxi guesthouse et on avale une bonne ration de riz pour se préparer à la suite (sauf Alex qui aime corser les épreuves).

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J’en veux pas de ton riz !

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Ton maïs, j’en veux pas non plus !

13h : Les 28 virages !

Tout le monde n’arrête pas de parler des 28 virages qui nous attendent, la portion réputée la plus difficile du parcours, on serre les fesses.

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Perso, j’ai rien serré du tout. Mon esprit était déjà mort bien avant

On prend son souffle et on y va…

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On fume une clope, on essuie les larmes sur les 2 joues et on y va !

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On vous laisse admirer les superbes mollets d’Antoine

En fait c’est une blague ces 28 virages, trop facile !

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Au bout d’un moment, t’en as tellement plein la casquette que tu te mets à courir histoire de rentrer plus vite

Non. On en chie.

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À sale effort, sale gueule

Finalement, c’était un peu hard mais pas forcément plus dur que ce qu’on avait déjà fait avant, ou que ce qui nous attendait après. Juste un coup marketing des vendeurs de snickers !
Tout en haut, une petite vieille demande 5¥ pour accéder à un point de vue. Alex propose de la cogner, Antoine en bon commercial négocie 5¥ pour nous 3 et on va admirer la vue. C’est sublime en effet, vertigineux (c’est là qu’on en profite pour chanter un joyeux anniversaire à mon neveu préféré !).

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J’ai quand même cogné mamie mais dans le dos de Claire sinon elle aurait pas trop apprécié

Là petit drame, je me rends compte que j’ai perdu le capuchon de mon appareil photo, Antoine propose gentiment de se retaper la moitié des 28 lacets pour le chercher avec moi, on revient exténués mais bredouilles. Pas grave, j’en retrouverai un plus tard à Kunming !

 

16h : la pause goûter

On continue l’ascension et en milieu d’après-midi on fait une seconde pause à la Tea Horse Trade Guesthouse, dont la vue sur la terrasse est un enchantement.

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La vraie question c’est plutôt de savoir si ça valait l’effort

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Perso, jpense que t’es aussi bien là, assis sur ton canap

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Si j’avais pu, jt’aurais rejoint

Rapide la pause car on veut arriver avant la tombée du jour, et il nous reste encore deux bonnes heure de marche.

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Et pis de toute façon, y’avait rien à faire là-bas

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Là, jmarche devant Antoine histoire de lui montrer qui c’est le chef

 

18h : Half way, notre refuge

On arrive vers 18h à la Half Way guesthouse où on va prendre une chambre pour 3 pour la nuit.

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« T’as déjà vu Brokeback Mountain ? »

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Nom d’un nain en mousse, on n’est qu’à la moitié !

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Je suis tristesse

Le prix n’est pas donné, 25€ pour 3, mais quand on arrive dans la chambre on découvre la vue la plus démente de tous les temps :

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Pas laid ce papier-peint

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Ils auraient pu éviter la ligne au milieu

Les toilettes aussi sont collector !

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Ici, tu peux vivre cet instant solennel, seul, sur ta chaise percée, à contempler l’immensité de la montagne

On fête la fin de cette première journée d’effort autour d’une bière face à la montagne :

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Fait froid

Et on partage un repas avec le petit groupe international qui nous a accompagnés tout au long de cette journée. La fatigue s’empare de nous trois et, les débats sur le service militaire en Israël, l’avortement interdit au Brésil ou encore le port du bikini en Chine ont beau être passionnants, on a bien du mal à participer aux conversations de notre table…
Il est temps d’aller au dodo !

 

Jour 2 : c’est pas fini !

9h de sommeil plus tard, on se lève pour s’ébahir à nouveau de la vue de notre fenêtre :

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Saloperie de ligne au milieu, ça gâche tout !

Le soleil est déjà haut, on se goinfre de biscuits et à 8h20, on redémarre.

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« Hé les gars, on pourrait rester ici et appeler l’assistance internationale ! »

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« Jvous jure, ça peut fonctionner »

Le ciel est limpide et la lumière matinale déjà intense.

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Antoine a toujours voulu poser sur nos photos

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Encore lui !

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« Regarde, on peut voir de la vie dans la vallée » -« On est encore loin ? »

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On croise une cascade…

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C’était pas assez dur, voilà qu’on se tape des obstacles

et un petit temple malheureusement fermé.

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Vers 10h, on aborde la descente vers le dernier village. Pas l’étape que je préfère car descendre ce n’est pas mon fort, j’y vais tout doucement pour éviter d’y laisser une cheville et je suis bien à la traîne.

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« Bon allez, jte laisse, t’es trop nulle »

 

La descente dans les entrailles des Gorges…

On se repose quelques minutes à la Tina guesthouse tout en bas et c’est reparti ! Cette fois on descend tout en bas des Gorges, dans l’excitation générale.

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Dans l’excitation générale des autres

La descente est vraiment ultra-raide et mes genoux commencent à faire des bruits bizarres. Tout le monde est maintenant en avant et Alex et moi, comme à notre habitude, dosons nos efforts 😉

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C’est dans ces moments que je me revois marcher tout le long du cross au collège, bon dernier

Tout au long de la descente on retrouve des vendeurs de ravitaillements en tous genres qui nous soutiennent de leurs regards compatissants.

Arrivés presque en bas une gentille vendeuse nous propose de nous prendre en photo, on se fait pas prier !

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« Si elle fait tomber l’appareil, je la dérouille » -« On fait comme d’hab, jlui chope le pif et tu l’assommes ? »

Elle nous indique la voie pour le point de vue gratuit. On retrouve tous les autres en bas et à notre tour on profite enfin de la récompense de l’arrivée :

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De la flotte et des cailloux

Le spectacle assourdissant de l’eau qui dévale les gorges est hypnotisant. On se sent bien petits face aux forces de la nature !

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Moi, jpense juste à la remontée

Bon par contre pour mettre fin au suspense, pas de tigre !

 

… et la remontée !

Le moment qu’on a préféré, sans aucun doute ! On a hésité quelques instants à prendre la grande échelle…

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Vu qu’on voulait pas mourir, on a préféré l’escalier

Mais finalement on a opté pour la méthode traditionnelle, sur les genoux.

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Cet instant où tu sais que tu descends du singe

Bon c’est le moment où j’ai arrêté de faire des photos mais globalement, on en chie, la remontée tient souvent plus de l’escalade que de la rando, le soleil tape de plus en plus fort et nos réserves de souffle et d’énergie sont à bout.
On a bien failli craquer pour une mule dans les derniers mètres.

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Mais finalement on l’a fait !!

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Les randos, c’est terminé. Tu pourras te brosser pour le machu pichu machin truc

En fin de compte, toujours facile de dire ça une fois que c’est passé mais, hormis le dernier morceau qui nous a vraiment mis à bout, cette randonnée était plutôt accessible. En tout cas on a été rassurés de voir qu’on n’était pas les seuls à en baver 😉
On était quand même bien fiers de nous et aussi de savoir que des milliers de Chinois vont bientôt pouvoir admirer nos mollets à l’épreuve ! Et oui une petite équipe de tournage realisait un film de promotion des Gorges quand on y était. Nous dans une pub pour le sport vous imaginez !!

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8 replies to Dans les Gorges du Saut du Tigre. Notre récit héroïque !

  1. Sophie

    Belle rando!!! Ca m’a fatiguée rien que de lire et voir les images;-))
    Combien de jours pour vous en remettre de celle là?

  2. mamou

    Pour vouloir passer ses nerfs sur une mammy qui fait payer du gratuit, cela devait vraiment être dur. D’autant que grimper pour redescendre et regrimper faut qu’on m’explique… Si on m’avait dit un jour que certain de ma connaissance aurait transpiré autant, à sa place j’aurais pris la mule direct…. J’espère que vous vous êtes recueillis devant cette montagne et ce tourbillon d’eau…. PS : je vais m’abonner à la télé chinoise pour vos mollets

  3. Auré

    Superbe rando et quelle paysages ! Pas trop déçues de pas voir de tigres ? 😉
    L’échelle fait peur par contre lol !

    PS 1 : pas trop marre du riz ?
    Ps 2 : mais non t’as pas sale gueule Alex …. :p 😀

  4. Laure

    L’histoire ne dit pas si Alex est venu t’aider à chercher le capuchon… Vous m’impressionnez. Je ne vous savez pas si aventuriers. Vous êtes bien courageux. Il faut avouer que ça en valait le détour. La vidéo était splendide. Pas tous les jours que l’on reçoit de telles vidéos d’anniversaire (sans oublier la qualité des chanteurs et la gestuelle de toute beauté). J’ai hâte d’être lundi pour voir ce que vous m’avez concocté! Une chorégraphie sur la muraille de Chine peut être?

    • Claire

      Mais euh tu casses toute la surprise !
      Je te laisse deviner pour le capuchon… 🙂 Faut dire qu’il était en train de se remettre de sa performance vocale

  5. Maman

    Ça me rappelle une rando dans les Pyrénées que j’avais faite avec une dizaine de collègues quand j’étais à Toulouse.
    On était censés rejoindre un refuge pour y faire du ski et la fête.
    Quand j’ai vu le topo, direct j’ai laissé les skis dans la voiture en bas.
    Du coup, ils m’ont filé un sac à dos plus lourd avec les bouteilles (d’alcool bien sûr).
    Moi aussi j’ai cru mourir.
    Ça reste quand même un bon souvenir.

  6. Soizic

    Géniale cette rando ! Bon, avec des snickers qui t’attendent entre deux, c’est quand même pas si sauvage…
    Après le commentaire sur brokeback mountain, l’histoire ne dit pas qui a dormi dans le grand lit 😉

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