Le Grand Break

Frontière Thaïlande – Cambodge : la grande escroquerie9

La fin de notre autorisation de séjour en Thaïlande approche, il est donc temps pour nous de rejoindre le Cambodge.

Il s’agit de notre premier passage de frontière terrestre, on essaie donc de faire les choses bien !
On lit tout un tas de récits de voyageurs en ligne, qui nous mettent en garde contre les arnaques en tous genres de cette frontière. Notamment l’article très détaillé du blog Our tiny little world, qui fournit un pas à pas des embûches à éviter : faux bureau de douane, faux douaniers, vrais douaniers véreux, backshishs, pickpockets, taxis malhonnêtes, arnaque au tuktuk, et même des enfants qui feraient semblant de s’évanouir aux pieds des touristes.

Autant dire qu’on était blindés psychologiquement et un rien paranoïaques en entamant cette journée ! Et en même temps un peu excités de vivre cette expérience qui promettait des surprises.

Fort de toutes nos lectures nous avions établi un plan millimétré que nous avons pu suivre à la lettre (ou presque) :

 

1 – Prendre le train de Bangkok à Aranyaprathet, dernière gare avant la frontière (le train le moins cher de notre vie : 1,15€ pour un trajet de 6h !)

 

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Là, tu te dis que ton vieux TER Boulogne sur Mer – Lille n’est pas si moisi que ça

Dans le train, essayer de trouver deux autres voyageurs pour partager les futurs moyens de transport et faire bloc contre les diverses arnaques. Compétences recherchées : assurance, sang-froid, aisance en anglais et force de négociation. En l’occurrence ce fut Roman et Pete, deux lycéens londoniens (oui on les a pris un peu jeunes, mais ils étaient musclés)

 

2 – Prendre ensemble un tuktuk d’Aranyaprathet à Poipet, le poste frontière. On négocie la course à 100 bahts soit la moitié du prix annoncé, apparemment au Cambodge c’est la marge de négociation courante.

 

3 – Éviter l’arnaque du faux poste de douane, où nous dépose bien sûr le tuktuk, et trouver la direction de la vraie frontière.

 

4 – Marcher 300m jusqu’au poste de sortie thaïlandais, pour y faire tamponner notre carte de sortie de territoire. Ils sont sympas les Thaïlandais ils te font le tampon comme ça, gratuitement.

 

5 – Rejoindre le bureau des visas cambodgien en évitant mendiants et pickpockets.
Là, remplir le petit formulaire à remettre avec notre passeport, notre photo et 30$, pour l’obtention de notre visa.

Comme on s’y attendait, les douaniers demandent un petit pourboire : en-dessous du panneau officiel des tarifs a été scotchée une feuille bricolée à la va-vite, indiquant un supplément de 100 bahts ou 5$ pour les Visa « on arrival ». Bien sûr ce supplément est méthodiquement rangé dans la poche du chef.

J’attends mon tour dans la file, et quand le douanier me demande le supplément je lui montre le panneau officiel et lui dit que je n’ai pas de monnaie supplémentaire. Il me dit de sortir de la file. Hum. Je tente une deuxième fois, même résultat sauf que cette fois il nous demande d’attendre à côté du bureau de Quarantaine, Alex commence à flipper !
On discute avec d’autres voyageurs en attente de leur visa, la plupart sont choqués par la démarche mais n’ont pas eu d’autre choix que de payer… Au moment où mes remparts psychologiques s’apprêtent à craquer, le chef nous appelle et accepte enfin de prendre notre dossier. Il devait craindre qu’on soit en train de monter une mutinerie 🙂

On attend quelques minutes et on récupère enfin nos passeport et visa ! ça me rappelle le jour où j’ai eu mon permis. On aurait envie de courir partout en faisant le V de la victoire mais les douaniers sont pas trop dans l’ambiance…

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Pas de pourliche pour le douanier !

 

6 – Passer le poste d’entrée cambodgien. C’est pas fini ! Il faut maintenant se rendre à un autre bureau pour remplir une carte d’immigration et faire tamponner notre passeport.
Ça y est, on est au Cambodge !

 

7 – Rejoindre Siem Reap 

L’objectif est maintenant d’aller à Siem Reap, la ville voisine du site d’Angkor. Nous avons en tête de négocier un taxi car les bus déposent généralement les touristes loin du centre-ville pour les forcer à prendre un tuktuk. Deux allemandes nous ont rejoint en route, on essaie de trouver un taxi qui puisse nous accueillir tous les 6.
Cependant, pas de taxi en vue et un Cambodgien un peu speed nous aborde pour nous proposer son mini-van à 10$ par personne. On est tous un peu sceptiques et on trouve ça cher payé mais on cède, ne voyant pas d’autre solution, après lui avoir fait promettre qu’on serait bien tous déposés à notre hôtel. Grosse erreur !

En plus, le patron nous demande de payer d’avance, tout le monde dans le van a le réflexe de refuser ce qui le met en rage. Comme il n’a pas l’air décidé à démarrer sans ses sous, on tombe d’accord pour le payer d’avance, se disant qu’à 9 touristes on sera plus forts qu’un chauffeur en cas de souci.
Le trajet se passe sans encombre même s’il fait très chaud, on profite du trajet pour découvrir la campagne cambodgienne pour lier connaissance avec les deux allemandes, ainsi qu’avec un couple d’allemands qui loge au même hôtel que nous.

Arrivés à Siem Reap, les yeux rivés sur le GPS pour surveiller le trajet du chauffeur, on comprend vite qu’on est tombés dans le coup classique : le chauffeur ne nous dépose pas à notre hôtel mais dans une sorte de parking où nous attend une dizaine de tuktuks surmotivés. Quand une des Allemandes explique que ce n’était pas le deal et qu’on devait être amenés jusqu’à l’hôtel, on nous rétorque que c’est toujours ce qu’on dit aux touristes mais que ça ne se passe pas comme ça.

On est vraiment en rogne contre le patron, lui qui nous avait sorti le couplet sur son pays qui souffre quand on s’était permis de douter de son honnêteté ! qui nous avait ordonné de respecter son pays ! On est aussi un peu verts d’être tombés dans le panneau alors qu’on était prévenus mais en même temps, on voyait pas trop d’autre solution : ils sont bien organisés ces Cambodgiens !

Qu’à cela ne tienne, on décide de parcourir les 2km qui nous séparent de l’hôtel à pied, pas question de donner 1€ de plus pour cette mascarade. Finalement la balade est plutôt sympa, ça nous permet de découvrir la jolie ville de Siem Reap et de papoter un peu plus avec les Allemands.

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Officiels véreux, arnaqueurs en tout genre, prix exorbitants et affichés en us dollar. Bienvenue au Cambodge

 

 

Après cette journée on comprend mieux pourquoi le Cambodge est surnommé « Scambodia » par les anglo-saxons. C’est sûr, on n’a pas trouvé mieux comme façon d’accueillir les touristes dans un pays !

Heureusement l’accueil jovial de notre guesthouse et une bonne bière fraîche nous remettent de bonne humeur. On est quand même contents d’avoir vécu ça de l’intérieur, ça nous fait une bonne anecdote à raconter aux personnes qu’on rencontre dans les jours qui viennent. Et puis ce genre d’expérience rappelle comme on a de la chance de vivre dans un pays sans corruption !

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9 replies to Frontière Thaïlande – Cambodge : la grande escroquerie

  1. mamou

    euh, ta dernière phrase me laisse un peu perplexe mais bon c’est vrai qu’ici il faut être un peu plus haut placé!! Je suis fière de vous, avoir tenu tète à un douanier relève de la folie douce mais vous assurez grave…mais se faire avoir par un « taxi » bon vous avez bon cœur…. et avec une bonne bière tout s’arrange..

  2. Gaëlle

    Waouh, je suis impressionnée par tous les « pièges » qu’il faut éviter pour rentrer au Cambodge ! J’avoue que je ne comprends pas trop ce comportement envers les touristes, ce n’est vraiment pas dans l’intérêt du pays d’avoir mauvaise réputation comme ça. Heureusement que les rencontres et les paysages sont là pour compenser 🙂

  3. Johan

    Eh bien ! Cette étape n’était pas de tout repos !

  4. Maman

    Quelle galère, ce passage de frontière !!
    Quel sang-froid de s’opposer à une tradition locale !!
    Vous n’avez peur de rien.

  5. Laure

    Vous ne vous êtes même pas rendus compte que Michaël était dans le train avec vous, juste derrière Alex.

  6. Didier

    Claire, dès que tu rentreras je propose de te prendre avec moi pour les négociations avec mes fournisseurs ! Tu es redoutable…
    Allez, vivement la suite des beaux paysages.

  7. Bonjour! Je suis trés heureux que notre article vous ai aidé á passer la frontiére sans trop de dégats!
    Merci pour le lien!

    Jérémy

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